En quelques mots
Harpe celtique
Musique classique, celtique
Etudes celtiques...
Rock celtique
World musique
Lounge music, ambiant...
Autres musiques actuelles
Musique universelle
Quelques dates
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En quelques mots
- A 9 ans (1953) et années suivantes, ses premiers récitals
(Unesco, cathédrale de Vannes, Olympia…)
font renaître la harpe celtique.
- Se passionne pour la civilisation et la musique celtes. lI en devient spécialiste.
- Il conceptualisera, modernisera et popularisera la musique celtique.
- Entre 1958 et 1963 :
. dessine des harpes électriques,
. ébauche une symphonie.
. premiers enregistrements à la harpe celtique
. remporte plusieurs concours de sonneurs (à la cornemuse),
- En 1966, commence à chanter,
- L’année suivante, premier contrat international avec Philips-Fontana (Universal).
- Ses premiers récitals ont déjà une influence certaine.
- L’album « Reflets » marque le coup d’envoi ;
. c’est aussi un manifeste pour une musique métissée (un des précurseurs de la future « World-Music »).
- Son 3ème album, « Renaissance de la harpe celtique», enregistré en 1971, suscite la
vocation de milliers de harpistes à travers le monde
- Son « Pop-Plinn », fusion rock-breton, puis surtout le concert (fév. 1972) et l’album à
l’Olympia (2 millions d’ex. vendus) entraînent un énorme engouement populaire :
on parle d’un « phénomène Stivell » qui change l’image de la Bretagne.
- Ayant déjà joué en Italie, en Irlande et à Londres (Queen Elizabeth Hall en 68 avec les
Moody Blues), sa carrière internationale se développe surtout à partir de 1973 :
. les grandes salles d’Europe, d’Amérique, d’Australie, les festivals rock, les
plateaux télé.
- Il passe régulièrement au nouveau Festival Interceltique de Lorient (sa Symphonie
celtique en 1979-80) qu’il affectionne.
- Alan, pourtant, n’est pas à l’aise avec ce statut de « star » :
. pendant les années 80, il se retire un peu, sort des albums qui lui tiennent à
cœur, mais plus difficiles pour le grand public.
. il tourne beaucoup à l’étranger (Italie, USA, Canada…).
- Après « Légende » ou « The Mist of Avalon », il actualise ses titres incontournables :
. en 1993, l’album « Again » : le départ d’une nouvelle vague
. il invite, notamment, son ami Dan Ar Braz ( l’idée de « L’Héritage des Celtes » est déjà
en marche)
. « Again » , et la tournée qui suit en 1994 : un triomphe (jusqu’à 1000 disques
vendus par jour) ;
. comme dans les 70s, grand public et nouvelles générations au rendez-vous.
. le public achète 100.000 de ses disques par an (jusqu’à la crise du disque).
- Les débuts du nouveau siècle sont marqués, notamment, par l’album anniversaire
«Au-delà des mots», son livre «Telenn, la harpe bretonne» et le DVD «Parcours»
(en quelques mois DVD d’or).
- Hier et aujourd’hui, ses concerts sont complets ; on y découvre, tous les deux
ans, un spectacle très différent ; le dernier en date étant celui d’ « Explore » (son
22ème album).
La Tournée Explore est entrée cet Automne dans une nouvelle phase, des
nouvelles couleurs.
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- Enfant, il rêvait, pour la Bretagne, de choses dont certaines se sont réalisées
(assemblée bretonne, écoles en breton, etc.).
- Cette passion s’est, depuis toujours, doublée :
. d’une ouverture aux autres,
. avec des métissages inédits,
. la recherche et l’innovation, les nouvelles technologies.
- C’est, depuis le début, une fuite en avant :
. quand il ébauchait les « harpes du futur »,
. quand il «électrifiait » sa première harpe bardique,
. quand il introduisait des instruments nouveaux du monde du rock ou d’autres
cultures
. puis quand il amena les premières couleurs électro (1980-81) et rap (1993-95).
- Il continue aujourd’hui, mais, heureusement, il n’est plus seul.
- Ses recherches musicales ne doivent pas faire oublier :
. le chanteur
. et l’auteur.
Harpe celtique
La renaissance bretonne de la harpe celtique fut entièrement l’œuvre d’Alan et de Georges/Jord Cochevelou (son père).
Le coup d’envoi de cette résurrection fut donné à la Maison de la Bretagne à Paris en Novembre 1953 par les mains d’Alan,enfant (il avait moins de 10 ans), quand il fit résonner la première harpe celtique bretonne (un instrument au son inégalé) du 20ème siècle. (On a pu lire ici et là, notamment dans “Musique bretonne” de R.Becker et “Dictionnaire du patrimoine breton”, des propos erronés qui enlevaient cette paternité au binome Cochevelou; ils ont tous été rectifiés: en effet, il n’y a eu aucun début de réimplantation de la harpe celtique en Bretagne auparavant).
La harpe celtique a pu se réinstaller définitivement dans le paysage musical breton dans les années 50, grâce aux efforts d Alan et de son père (cathédrale de Vannes, Unesco 1954, Olympia 1957, etc) renforcés par celles et ceux qui les ont suivi (Armelle Géraud, Soazig Noblet, etc).
Les deux premiers disques consacrés à la harpe celtique furent “Musique Gaélique” et “Telenn Geltiek” (les deux sont maintenant réunis en un seul CD).
L’influence des Cochevelou s’est fait sentir dans les années 50 jusqu’en Irlande et en Ecosse où, là aussi, elle a renforcé le réveil timide de l’instrument (qui, dans ces pays, n’était pas complètement disparu).
En retour, leurs amis écossais et irlandais leur ont donné accès à la musique gaélique authentique.
La harpe celtique est devenu un instrument populaire dans le monde entier, principalement grâce à Alan, après qu’il eut pris le nom d’Alan Stivell à partir de 1967.
Pour la première fois on vit, en télévision comme sur des grandes scènes, des grands festivals rock, un jeune homme chanter avec sa harpe bardique éléctrifiée, dans un contexte musical d’avant-garde en même temps que populaire. Le disque “Renaissance de la harpe celtique”, enregistré en 1971, suscita l’engouement qui, conjugué au travail de nouveaux harpistes, amena des centaines de luthiers à construire cet instrument, des milliers de musiciens à s’y consacrer sur tous les continents.
Ce phénomène à eu des conséquences jusqu’en musique dite classique: la vogue de la harpe celtique moderne a réévalué l’image de la harpe en géneral (classique et autres) dans le monde. Ses disques consacrés à l’instrument: Telenn Geltiek, Renaissance de la Harpe Celtique, Harpes du Nouvel Age, Au-delà des mots.
Musique classique, celtique
Bien avant de s’appeler Stivell, Alan avait réinstallé la harpe celtique chez elle en Bretagne. A cette époque lointaine, le Rock ‘n roll n’existait pas encore (en Europe tout au moins). La formation classique d’Alan (piano et harpe) l’amena tout naturellement, dés son enfance, à envisager de suivre les compositeurs classiques, qui avaient déjà introduit des thèmes populaires traditionnels dans leur musique : Paul Le Flem, Guy Roparz, Jef Ar Penven, Pierre-Yves Moign, comme Borodine et Bartok. L’idée de créer une “grande musique bretonne” avait un côté romantique, comme ce qui a fait renaître, une à une, les nationalités européennes et autres (Hongrie, Finlande, Irlande, Israël, etc).
C’était en même temps très logique: la valeur indiscutable de la culture rurale et orale n’enlève pas l’interêt d’une culture plus intellectuelle. D’autre part,chercher une fusion de la musique classique et de la musique traditionnelle, c’était chercher à abaisser les frontières sociales. Les morceaux ,qu’ont écrit, pour lui, son père, ainsi que son professeur Denise Mégevand, procédaient de cette démarche celto-classique, à mettre en parallèle avec le travail en Irlande de Sean O’Riada et, plus tard, des Chieftains.
Dés l’age de 14 ans,Alan a commencé à écrire une œuvre qui préfigurait sa Symphonie Celtique/Tir na nOg.
Des œuvres comme,plus tard, Ys (Renaissance de la Harpe Celtique) et leur influence debussienne sont partiellement aussi de cette mouvance musicale.
Études celtiques,
école musicale traditionnelle, bagad
La harpe celtique a été, tout de suite pour Alan, un raz de marée qui l’a complètement emporté: la celtitude.
Très vite, il a découvert que les Celtes et leur culture, hautement méprisés et méconnus, étaient une civilisation d’une originalité incroyable, qui élargissait les frontières de la pensée, de l’esthétique, de la sensibilité, de l’imagination humaine, le territoire bien délimité par l’Ecole et l’establishment.
Alan s’est donc construit une école parallèle, en apprenant le Breton, s’initiant aux autres langues celtiques, se plongeant dans l’Histoire de Bretagne, dans l’Antiquité, dans la mythologie, dans l’art, la litterature celtiques, s’interessant aussi aux écrivains et à l’Histoire du 20ème siècle, et aux évolutions politiques, culturelles et sociales, remettant en cause son éducation (Ecole, Eglise).
Plus tard, il a completé ses études celtiques de manière plus universitaire: Ecole des Hautes Etudes, certificat de Celtique. Les scouts et le bagad Bleimor, les associations de bretons de Paris, lui ont fait connaître les danses et la musique traditionnelle, la bombarde puis le binioù bras (cornemuse écossaise).
Plusieurs fois premier dans les concours de musique traditionnelle et de bagad, animant de nombreux festoù-noz,il a acquis une connaissance authentique de la culture traditionnelle. Dés le début,l’interprétation de morceaux gallois,irlandais,écossais avait fait de lui LE spécialiste de la musique celtique.
Ce bagage culturel ,classique,universitaire et traditionnel explique la profondeur, l’authenticité, du travail qu’il a accompli plus tard, quand il prit le nom d’Alan Stivell.
Sous le côté fun, le public ressent le sérieux de sa démarche, préparée de longue date comme on se prépare à un métier pointu.
C’est cela aussi qui fait de lui le leader de la musique celtique, sans oublier la chronologie qui l’a mis en scène bien avant tous les autres musiciens ou chanteurs bretons (Alan était sur la scène de l’Olympia en 1957).
Le rock celtique
Avant que son père construisit la Telenn Gentañ, par laquelle tout arriva, Alan aimait déjà beaucoup les magazines d’Anticipation.
Parallèlement à ses idées de musique classique celtique, Alan eut l’idée de groupes de musique populaire moderne, une idée partagée par Pierre-Yves Moign qui créa Son-ha Koroll (comme le groupe Evit Koroll) (en l’occurrence, il s’agissait plutôt d’orchestres de bal inspirés des Ceilidh-bands).
En 1957-58, Alan entendit pour la première fois des guitares electriques. A la fin des années 50, il eut l’idée de groupes rock bretons, d’une musique populaire vraiment moderne, idée qui se précisa avec la découverte du groupe “ The Shadows ”.
La période Beatles renforça l’idée d’Alan d’un groupe de Pop-Music bretonne. En 1964, la construction d’une harpe à cordes métalliques (une harpe bardique) permit à Alan de commencer à mettre son idée en marche.
En attendant une vraie harpe électrique “solid-body”, il éléctrifia comme il pu l’instrument, commença à en jouer avec ses copains de Bleimor. La Pop anglaise (Donovan, les Beatles, etc) flirtait de plus en plus avec des instruments ethniques ou anciens.
Ce qu’il faisait était déjà complètement dans cette mouvance. L’évolution générale avait complètement rejoint la sienne.
Il resterait à démontrer au public et au média que les “Petits-Bretons” valaient les “Grands-Bretons”, une autre paire de manches! Après avoir signé chez Philips-Fontana (1967), Alan a pu commencer à mettre en œuvre ses idées.
Alan a, par contre, à cette époque comme depuis, regretté que les musiciens de Bretagne (hors musique traditionnelle et bagadoù) n’aient pas suffisamment pris à bras le corps l’étude de la musique bretonne et celtique (comme de notre culture en général), c’est le conseil qu’il fait, son souhait et son espoir pour le futur. Les musiciens qu’Alan a réuni autours de lui dans la première moitié des années 70, ne dérogeaient pas à cette réalité. La cohérence qu’il a su donner à son ensemble de personnalités héteroclites (Dan, Werner, Gabriel Yacoub) a eu l’efficacité et l’image, sur scène, d’un véritable groupe de pop-music ou de Rock. Dés la fin des années 60, Alan s’était déjà fait reconnaître comme un des leurs par les artistes de la scène rock hexagonale et anglo-saxonne. Il fut acclamé par des dizaines de milliers de personnes à chaque fois qu’il passait, que ce soit à Reading (GB), Roskilde (Danemark), en France avec des groupes comme Magma, par ex., à Londres dés 1968 invité par les Moody Blues.
Il s’était sorti en grande partie de l’image folklorique ,véritable boulet au pied auquel tout breton était enchaîné. L’ensemble de l’œuvre d’Alan n’est pas forcément ultra-rock car il a continué à aimer aussi les musiques plus calmes, les beats plus lents, les arrangements de thèmes traditionnels plus proches de ses débuts ;ça a été par goùt mais aussi par pédagogie : il a toujours montré les chemins qu’il a emprunté et conseillé de les emprunter sans brûler les étapes.
Mais c’est néanmoins sa fusion rock celtique qui est la plus représentative de sa démarche. Les albums les plus rock (ou pop-rock) ont été Olympia, Chemins de Terre, Live in Dublin, Raok dilestra/Before Landing, Terre des vivants, Again, Brian Boru, Back to Breizh.
La World Music
L’intérêt d’Alan pour les musiques du Monde date de colonies de vacances quand il avait 7, 8 ans, où on passait des disques notamment de musique sud-américaine (comme Los Incas). Il a joué notamment des negro-spirituals à ses débuts. A Paris, les cafés voisins résonnaient de musiques maghrébines.
Il a été tout de suite intrigué par des ressemblances entre la musique celtique et différentes musiques extra-européennes. Sa passion pour la musique celtique, véritablement à cheval sur les frontières de l’Orient et l’Occident, l’a amené tout de suite à s’interesser à toutes les musiques du Monde, de l’Afrique au Tibet.
Ayant toujours fait de la fusion (fusion celto-classique, fusion celto-rock), il a, dés ses premiers albums, introduit des instruments et influences d’autres cultures : tablas dans “Renaissance de la harpe celtique”, kena dans “A l’Olympia”, sitar et djembé dans “Journée à la maison”, etc, et, bien sûr, des influences de toute la planète dans sa “Symphonie Celtique”.
On a parfois vilipendé la World Music comme un concept commercial fourre-tout et sans authenticité. Ne devrait-on pas juger une démarche musicale par ceux qui l’ont initiée plutôt que par les mauvais “éleves” (malheureusement, ce type de jugement simpliste est très courant quel que soit le genre musical) ?
Alan a fait de la World-Music bien avant la mode.
Qu’on le veuille ou non,on vit dans un monde sans frontières (même les ultra-nationalistes mangent du couscous). Alan a toujours prôné les mélanges, des mélanges qui respectent la profondeur et la subtilité des musiques ethniques, comme il l’a fait pour la musique celtique. Elle-même, comme les autres musiques est un mélange. Mais c’est comme en cuisine : chacune a sa façon de faire ses mélanges, ses dosages, ses dominantes, c’est ainsi qu’elle garde ses spécificités.
Lounge , Ambiant Music ou New Age
Comme pour la musique traditionnelle bretonne,comme pour la World-Music,les jugements sur la musique appelée un temps New-Age,ont souvent été faits de manière bien légere, se servant, pour caricaturer ces musiques, des musiciens qui les caricaturent eux-mêmes.
Dés le milieu des années 60 ,quand son père lui construisit une harpe à cordes métalliques, les résonnances très longues, envoutantes par leur fazing naturel, la flamboyance des harmoniques et la profondeur des graves,a amené Alan à des improvisations qu’on aurait baptisées de new-age si le mot avait été utilisé à l’époque.
C’est à ce moment que s’élabore le morceau “ Ys ”(Renaissance de la Harpe Celtique) qui aurait pu être pris comme manifeste du New-Age.
Des morceaux comme Inisi Hanternoz (Journée à la Maison), une bonne partie de la “Symphonie Celtique”, de “Légende”, de “Harpes du Nouvel Age”, de “The Mist of Avalon”, peuvent être assimilés à ce style, avec une qualité qui l’approche davantage de Philip Glass que de musiques d’aéroports.
Vues les ambiguités du terme qui peut faire penser à des mouvements parfois douteux, on peut préferer de rattacher cette partie de la musique d’Alan à l’Ambiant ou Lounge Music.
Bien sûr, la musique d’Alan ne peut jamais être inféodée à une catégorie préétablie.
Mais on est bien obligé de montrer ses accointances avec tel ou tel style pour que le public non connaisseur puisse se faire une idée.
C’est dans ce sens qu’on peut quelque peu assimiler l'album “Au-delà des mots”, à l’esprit un peu Zen, à la Lounge Music.
Autres musiques actuelles
(nouvelles technologies,MAO,harpes midi,samples,etc)
Depuis toujours, Alan a eu un véritable appétit pour les innovations techniques :
son idée, datant de son adolescence, de harpe électrique, son utilisation des premiers claviers électroniques, boîtes à rythmes, samplers, ses recherches de système midi pour harpe, ses créations assistées par ordinateur.
En musique bretonne, il a été l’innovateur.
Il a introduit des influences technoïdes et le sample dés 1980 et du Hip-Hop dés le disque Again et surtout Brian Boru,puis 1 Douar.Il est fermé à aucune influence.
Mais plutôt que de “ faire ” du Hip-Hop, du rap ou de la jungle, plutôt que des collages, il a toujours préferé se servir de ces influences pour passer, tout de suite, à d’autres étapes, à inventer autre chose.
Ses experiences, comme le scratch, etc (Back to Breizh), ont toujours été subtiles et pas démonstratives. Il y a de la pudeur, c’est lié à sa personnalité. Mais c’est surtout le refus de subir les rêgles d’une école, quelle qu’elle soit.
UN PETIT HISTORIQUE DE MON UTILISATION DES TECHNOLOGIES DE POINTE :
par Alan Stivell
Dés l’age de 7-8 ans, j’ai été fasciné par les technologies “du futur”, avant même de l’être également (à partir de 1953) par la civilisation celtique.
Tout ce qui à mes yeux semblait venir du futur m’émerveilait.
J’ avais peu conscience, à l’époque, d’aspects moins positifs du progrès des techniques.
Après avoir commencé la harpe celtique à l’age de 9 ans, je cherchais naturellement (pour mon équilibre personnel) comment marier ces deux idées qui peuvent paraître antinomiques :
la musique celtique et ce qu’on pourrait appeler schématiquement le futurisme.
Et pourtant fallait-il être particulièrement intelligent pour ne pas confondre, mettons, sur la ligne verticale du temps : la modernité, sur la ligne horizontale de l’espace : la Celtie; un point de l’espace (la Bretagne) ne se rattache pas automatiquement à un point du temps (le passé); j’ai eu énormément de mal à faire passer cette idée.
Les recherches de ce qu’on appelait “musique classique contemporaine” m’intéressaient, mais elle était vraiment rébarbative pour un pré-ado!
Quand j’ai entendu pour la première fois à la radio des guitares électriques
(1957-58), j’ai forcément été conquis; puis les Shadows m’ont complètement convaincu d’utiliser ces instruments et tous les instruments nouveaux dès qu’ils seraient à ma disposition.
Dés 64, j’ai commencé à transformer électroniquement (fazing, flanger, etc) les sons naturels de ma 1re harpe à cordes métalliques (dite bardique). Puis, à partir de 68, j’ai progressivement intégré les nouveaux instruments dès qu’ils étaient tout simplement inventés ou en vente (divers claviers, moogs, etc).
A partir de 1979 (Symphonie celtique), j’ai commencé à utiliser les loops, les samples, fait faire un 1er prototype de harpe électrique.
Au début des années 80, à l’arrivée du système midi (système qui par un instrument maître permet de piloter d’autres instruments reliés), j’ai commencé des recherches pour la harpe (plus ou moins abouties en 87), et utilisé les possibilités des séquences rythmiques.
C’est à partir de 1985, 86 que j’ai commencé mon initiation et mes recherches en MAO (musique assistée par ordinateur), que j’ai appliquées dans la préparation et la production du disque “The mist of Avalon” (paru quelques années plus tard, en 1991). Dans cet album, on dénote déjà aussi des influences “techno”, en particulier dans “Gaelic tribes gathering”.
Ensuite, je n’ai jamais cessé d’utilisé l’informatique pour les albums suivants
(Again, Brian Boru, 1 Douar, Back to Breizh, et Au-delà des mots).
Mon utilisation de l’Informatique a donc été pour moi une démarche très naturelle.
A l’inverse,la connotation “ musique actuelle ” de ma musique ne passe pas suffisamment dans la presse et le public.
L’informatique musicale, en dehors, de son attirance naturelle, a un certain nombre d’atouts :
Une plus grande rapidité du travail, n’est pas encore prouvée, ce sera pour plus tard!
Pouvoir expérimenter en temps réel (comme on dit) de nouveaux types d’arrangements musicaux, essayer de nouvelles rythmiques par ex., sans d’abord les faire jouer à des musiciens, est un atout précieux quand on veut innover.
Une nouvelle sorte de spontanéité quand j’improvise et enregistre en numérique un clavier ou une harpe, et que cette impro servira telle quelle ou à peu près dans le produit fini, ça me fascine.
Avec l’ordinateur mais déjà sur une boîte à rythme, se servir de séquences mécaniques, sans variation du tempo, a ouvert des espaces de liberté paradoxale insoupçonnée, permet parfois de jouer davantage avec le temps qu’avec d’autres musiciens, particulièrement s’ils n’ont pas la même culture musicale que moi, ce qui est presque toujours le cas.
Les micros, etc permettaient déjà de mélanger des sons et des instruments qui n’auraient pu le faire dans le passé;
l’ordinateur et l’enregistrement numérique accentuent cela, permettent d’écrire des musiques qu’aucun humain ne pourraient jouer; mais bien sûr cela n’empêche pas le musicien de s’exprimer en même temps avec le charme, la part de hasard, la fragilité qui lui sera propre pour longtemps encore, j’espère.
De toutes façons, il y aura toujours, espérons (si les media, etc le permettent) des gens qui travaillent à l’ancienne, sans machines.
Justement, les machines apportent un enrichissement dans la mesure où elles agrandissent le champ de l’expression, comme l’ont fait par le passé toutes les innovations techniques, comme l’a fait, au cours des siècles, la lutherie ou l’importation d’instruments étrangers.
Je vis dans l’espoir que les graves dangers réels de la technique au service d’humains pas forcément évolués dans leur tête (qu’ils soient talibans ou simplement égoïstes) n’empêcheront pas le monde d’avancer et que le côté positif l’emportera : celui où les progrès techniques peuvent donner à manger à tout le monde, peuvent freiner la déterioration de l’atmosphère et de l’eau, où la robotique permet l’extension des loisirs, où l’hypercommunication amène une connaissance des autres, un monde qui respecterait toutes les cultures et formes de pensées, toutes les langues, qu’elles soient parlées par 100 millions ou 100000 personnes (suivez mon regard), un monde qui saurait un peu enfin se gérer globalement, un gouvernement mondial pour des milliers d’autonomies.
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Musique Universelle
(disparition des frontières sociales, temporelles, géographiques, etc. Et fuite en avant, le futur)

Alan a toujours cherché à abaisser les frontières :
- sociales (musique populaire / musique savante);
- temporelles (musiques antiques, ethniques et traditionnelles / musiques actuelles et
contemporaines);
- sociologiques (campagnes, villes);
- culturelles et techniques (oralité, compositions, improvisations);
- géographiques (terroirs / continents, Bretagne / Monde, Orient / Occident, etc).
En un mot, Alan est depuis toujours à la recherche d’une musique universelle.
Il est un des rares à avoir approché son but, car peu de musiciens ont traversé avec
naturel tant de territoires culturels différents et si longtemps peu perméables : celui de la musique classique et du rock, des musiques traditionnelles orales et les musiques contemporaines, musiques d’héritage et musiques improvisées, chant a cappella et electronique.
Cette musique universelle est, pour lui, l’avenir.
Comment un monde en contact permanent avec lui-même pourrait voir perdurer des frontières qui existaient parce que les voyages étaient beaucoup plus longs qu’aujourd’hui?
Par contre,ce qui fait peur à beaucoup, l’uniformisation, n’est pas inéluctable.
Le contact avec toutes les cultures permet à l’artiste une inspiration démultipliée .
Ce n’est pas pour élaguer toute difference.
C’est ce qu’Alan, depuis toujours, a essayé de faire comprendre, en popularisant sur tous les continents (exemples l’Australie, l’Italie) une musique chantée principalement en une langue “minoritaire”, mettant en valeur les richesses particulières de son pays et de ses
cousins celtes, en n’ayant pas peur de les imprégner des saveurs du Monde entier.
C’est ce travail qu’il prolongera les prochaines années.
Quelques dates
Né breton de la diaspora, comme beaucoup (famille paternelle de Gourin, Pontivy).
A 5 ans, commence l’initiation d’Alan Cochevelou à la musique : musique classique, piano.
A l’age de 9 ans, il prend ses premiers cours de harpe, sur la harpe celtique
(la 1re harpe bretonne depuis des siècles) construite par son père;
puis en joue plusieurs fois en public la même année (Maison de la
Bretagne, Unesco), puis à Vannes, St Malo, etc.
A 13 ans, Alan joue déja à l’Olympia.
A 15, il enregistre son premier disque (en solo).
Il s’interesse, par ailleurs,
- à la musique classique (commence à travailler sur une symphonie celtique...)
- au rock naissant (songe déjà à un groupe de rock breton et à une harpe electrique)
- et aux musiques extra-européennes,
- continuant à étudier l’ensemble de la matière celte (musique, danse, langue(s), arts, mythologie, Histoire, etc).
En 1961, dirige le Bagad Bleimor qui sera vite l’un des meilleurs.
En 1964, harpe bardique amplifiée.
1966, premières chansons (Centre Américain et Kemper);
et champion de Bretagne (couple de sonneurs et bagad)
1967, Alan Cochevelou devient Alan Stivell et est signé par Philips;
passe au Pop-Club de José Artur, etc.
1968, tourne dans l’hexagone. En Mai 68, chante dans Orly en grève.
En Juin, 1ère partie des Moody Blues (Londres)
1969, La maison de disques lui donne carte blanche.
1970, grand démarrage avec les disques « Brocéliande-Son ar chistr » et « Reflets »
1971, le 45 tours « Pop-Plinn » : première fusion rock breton.
Enregistrement de « Renaissance de la harpe celtique » qui offre ses lettres de noblesse à l’instrument et suscite un engouement inimaginable dans le monde entier, de l’Irlande aux Etats-Unis, en passant par l’Allemagne et le Japon.
1972, l’année-charnière. Le concert à l’Olympia (février) déchaine le public dans la salle, qui n’avait jamais dansé comme ça, et les auditeurs qui l’écoutent en direct sur Europe n°1. Le disque se vendra à 1,5 million ex.
C’est le début d’un phénomène qui n’est pas près de s’éteindre 30 ans plus tard.
Contrairement à ce qu’on lit parfois, le succès d’autres musiciens bretons n’a pas été simultané, mais, en majeure partie, la conséquence de la vague Stivell.
1973, Bobino, Canada, tournée bretonne sous maxi-châpiteaux, USA, Elizabeth Hall, etc.
« Chemins de terre » album de l’année du « Melody Maker » qui titre : « The conquerer cometh », couverture de « Best ».
1974, Fondation de Keltia III (ne pas confondre avec labels ulterieurs).
Les plus grandes salles des îles britanniques dont le National Stadium (Dublin).
Première harpe electro-acoustique conçue par Alan.
1975,76,77 : 45000 personnes sur 10 jours au Palais des Sports de Paris.
Stivell fait lever 80000 personnes à la Fête de l’Humanité.
Tournées mondiales, grands festivals rock, salles sold out en Australie, Allemagne, au Royal Albert Hall (Londres).
1979, « Symphonie Celtique, cross-over musical et linguistique majeur et précurseur :
symphonique, world (ethnique celte et extra-européen), rock, jazz-rock et new-age.
1980, création scenique où, pour la 1re fois, on peut entendre simultanément 300 musiciens de grand orchestre, chœurs, pipe-band, sitar, groupe rock, synthés, percussions, etc) remplissant le stade de Lorient (Festival Interceltique, où il a produit régulierement des concerts exceptionnels et innovateurs).
Concerts également en stades et parcs en Italie, dont 12000 spectateurs à Rome, 14000 à Milan.
Années 80 : Alan dessine et fait construire de nouvelles harpes electro-acoustiques, solid-body, tente également la technologie « midi ».
Tournées annuelles aux USA (Beverly theater-Los Angeles-, Town hall-New- York-), Ottawa, etc. Grands concerts à Lorient, Kemper, en Italie, Espagne, etc.
Présence plus ponctuelle en France.
1985, son CD « Harpes du Nouvel Age » est consacré en Amérique par un Indie Award, quelques années après sa nomination aux Grammy Awards pour
« Renaissance de la Harpe Celtique ».
1987, l’accord Keltia IIII - Disques Dreyfus prépare le grand retour.
Sortie en CDs progressive de tous ses albums.
1989, il est invité par Kate Bush pour son disque « Sensual World ».
1991, sortie de « The Mist of Avalon » inspiré du cycle arthurien.
La jeunesse commence à débarquer à nouveau dans les concerts
1992/1993, enregistrement de « Again » (avec comme invités Shane Mc Gowan, Doudou
N’Dyai Rose, Laurent Voulzy, Kate Bush, Dan Ar Bras, Gilles Servat, EV, Yann-Fanch Kemener, etc). Sortie, pub télé TFI. Point de départ de la nouvelle vague celte qui va entraîner, comme dans les années 70, une foule d’artistes derriere lui.
1994, la tournée bretonne et française organisée par Jacques Abalain (5000 personnes, beaucoup de jeunes - à Brest-Penfeld) conforte Alan dans son retour au premier plan dans tout l’hexagone.
1995, En faisant appel au producteur Martin Messonier,Alan,avec « Brian Boru », pose les bases de la musique celtique du 3ème millénaire.
1996, tournée française conclue par un triomphe à la fête de l’Huma devant 60000
spectateurs (organisée par Back-line).
1997, 98, 99, tournée nord-américaine (4000 personnes devant le Lincoln Center). Sortie de la compil «Zoom» et le coffret «Routes». En cinq ans, 500000 albums vendus.
Sortie de «1 Douar» qui ouvre ses portes sur le monde, le wolof, l’arabe
et l’anglais (Youssou N’Dour, John Cale, Khaled, Jim Kerr, etc), s’accordant à
la langue bretonne dans cette quête nécessaire à la fois du Monde et de la
Bretagne. Grande tournée française et européenne .
Enregistrement de «back to Breizh».
Printemps 2000 : Back to Breizh ! (20ème album).
Sur le disque « à l’Olympia » était inscrit : sonerezh keltiek ar bloaz 2000, musique celtique de l’an 2000
Après ces métissages et ces experiences,le temps est venu de poser les valises.
L’album laisse grande place à la harpe et aux sons acoustiques,mais le groove ne manque pas et le verbe est toujours essentiel, un
vent de mer d’Iroise fouettant les mots en breton et en français.Et la surprenante reprise d’ « Armoricaine(suite )» ne laisse aucun doute sur les sentiments d’Alan.... :
Breizh is back !
Tournée Back to Breizh 2000/2001: 80 concerts, un grand succès dans 10 pays.
21 mai 2002, Sortie internationale du 21e album AU-DELA DES MOTS.
2003-2004, tournée du 50e anniversaire du Retour de la harpe celtique.
16 mars 2006, Sortie internationale du 22e album EXPLORE.
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